Livre : Histoire du libertinage

Un titre accrocheur qui semble faire écho à l’exposition sur l’enfer de la Bibliothèque nationale. L’un comme l’autre, il est vrai, tiennent à souligner la valeur d’exemple des textes de l’Arétin illustrés par Giulio Romano, sorte de Kamasutra européen. Mais le livre de Didier Foucault, professeur agrégé enseignant à Toulouse-Le Mirail, va beaucoup plus loin. Si l’auteur choisit de parler du libertinage dans son ensemble c’est qu’il refuse de distinguer, comme nombre d’études antérieures, le versant intellectuel, dit aussi libertinisme, et la liberté des moeurs. Selon lui, ces deux facettes du libertinage ne peuvent qu’être étudiées en relation pour pouvoir être proprement appréhendées. De la même manière, alors que l’on fait généralement remonter les origines du libertinage au XVIème ou au XVIIème siècle, Didier Foucault en relève les prémices dès le Moyen Age chez les goliards, ces joyeux clercs qui chantent l’amour en termes souvent osés et qui ont notamment inspiré Patrick Besson, nous en avions parlé ici.

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Traversant les courants philosophiques, Didier Foucault s’arrête aux doctrines et aux grands noms qui les ont discutées à l’instar de Giordano Bruno ou d’Etienne Dolet, mais il s’interroge aussi sur l’importance à accorder à ces rares témoignages de particuliers qui, au cours des siècles, attestent d’un doute sur les enseignements de l’Eglise ou même d’un athéisme convaincu. A côté des Cathares, ce sont de multiples petits groupes qui émergent, apportant leurs propres réponses aux grandes questions et allant parfois jusqu’à récuser comme nulle et non avenue toute forme de morale.

Erudit et exigeant, ce voyage dans l’histoire des idées du Moyen Age au XVIIIème siècle, n’en est pas moins fascinant. Il nous rappelle, si nous étions tentés de regarder d’un oeil goguenard nos crédules ancêtres, que les préoccupations métaphysiques ne leur étaient pas inconnues et qu’elles n’étaient pas seulement réservées à quelques sorbonagres.

Histoire du libertinage, Didier FOUCAULT, Perrin, 2007, 23,50 euros.



Livre : La conquête de l’Ouest

Retrouver l’Ouest américain. Voilà un souhait partagé me semble-t-il par beaucoup tant les cow-boys, les mineurs, les colons, les Indiens, font partie de l’imaginaire français depuis longtemps et sont associés à des souvenirs d’enfance. Depuis Lucky Luke et John Wayne, me direz-vous !

Il faut en fait remonter plus en amont, et découvrir un continent aujourd’hui bien oublié : le 19ème siècle français est également fasciné par la conquête de l’Ouest et par ce biais par la construction de la nation américaine. Faire le récit de cette conquête, c’était – et c’est encore – offrir en fait le portrait toujours renouvelé de la naissance d’un pays neuf. Et une multitude de récits coexistent : ceux des voyageurs, des touristes, des migrants, des savants, des missionnaires, des romanciers populaires, des entrepreneurs de spectacles. Chacun participe à un flux continu mais pas forcément unanime pour que naisse l’image d’une nation au travers de ses paysages, ses figures, et sa geste. Une geste qui exclut toute différence pour mieux unir, mieux créer le sentiment de l’existence d’une collectivité nationale.

Tangi VILLERBU pour Buridan

Tangi Villerbu, docteur en histoire, est professeur agrégé en histoire-géographie au lycée Emile Littré (Avranches) et chercheur associé au Centre d’études nord-américaines de l’EHESS (CENA-MASCIPO, UMR 8168). Ses recherches portent actuellement sur la formation de l’Eglise catholique dans l’Ouest américain du XIXe siècle.

La Conquête de l’Ouest. Le récit français de la nation américaine au XIXe siècle, par Tangi Villerbu, Presses universitaires de Rennes, 306 pages, 22 euros.

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Sommaire : Chez Buridan, nous sommes fous d’Histoire américaine

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Le Livre noir de la Révolution française

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Le Livre noir de la Révolution française, Sous la direction de Renaud Escande, 2008, Cerf, 900 pages, 24 cm, 44 euros

Légitimes et glorieux, festifs et fraternels, fruits d’une « raison » attendue par les siècles : c’est ainsi que sont habituellement présentés les événements de ce qui fut aussi l’une des périodes les plus sanglantes de l’histoire, inaugurant tragiquement une succession de révolutions et de conflits qui marquèrent l’Europe jusqu’au milieu du XXe siècle.

Il est toujours dans l’intérêt d’une nation de faire briller quelques mythes fondateurs et dans l’intérêt de ceux qui ont pris le pouvoir de masquer la violence et l’arbitraire sur lesquels ils ont assis leur domination. Mais l’histoire ne s’écrit pas comme la mythologie, et son exigence de vérité ne devrait pas s’encombrer de visées utilitaristes.

Cet ouvrage n’entend pas « noircir » des faits qui témoignent par eux-mêmes. Cette violence inouïe – qui pourtant se réclamait des Lumières – produisit une onde de choc telle qu’elle devait s’étendre sur plusieurs générations. Elle entraîna avec elle, sur le phénomène révolutionnaire, toute une série d’œuvres et de réflexions critiques dont on dénie trop vite, souvent, la légitimité.

Table des matières : Librairie Buridan – Le Fou d’Histoire, librairie spécialisée en histoire, livres d’histoire

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Occasion : Les oubliés de la Révolution américaine

Femmes, Indiens, Noirs, Quakers, francs-maçons dans la guerre d’indépendance.

Cet ouvrage est né d’un constat : la sous-estimation du rôle joué dans la Révolution américaine par certains acteurs ou certains groupes trop souvent oubliés par les livres d’histoire, notamment les indiens, les Noirs, les femmes, les francs-maçons, les quakers. Pour une fois, sont donc laissé dans l’ombre les grands personnages, les généraux illustres, les exploits légendaires, les batailles mémorables ; pour une fois sont tirés de l’obscurité un certain nombre d’autres pères fondateurs ou mères fondatrices qui vécurent la Révolution hors des sentiers de la gloire et travaillèrent, au cœur de la vie sociale, à faire entrer leurs rêves (d’ailleurs contradictoires et parfois contre-révolutionnaires) dans la réalité complexe d’une Amérique en train de naître à elle-même. Ces anonymes ne figurent dans aucun panthéon. L’ambition de ce volume collectif est d’être leur Temple de Mémoire.

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Les oubliés de la Révolution américaine, Etudes réunies par Bernard Vincent et Elise Marienstras, Presses universitaires de Nancy, 1990, 205 pages, couv. Ill. en coul., 24 cm, vendu d’occasion 35 euros. Disponible à la librairie.

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Occasion : L’An I de la République de J.-P. Bertaud

Septembre 1792, sur la route de Dunkerque à Paris, dans une diligence, un homme médite. Son nom : Fockedey. Son état : député à la Convention qui se réunit le 20. Son rêve : établir un gouvernement qui épargne à la France la violence de la rue, celle des sans-culottes, des « Septembriseurs ». Dans le même temps, un homme rentre de mission à l’armée de l’Est. Il y a fait accepter, par les généraux aristocrates, la chute de la royauté. Cet homme est Carnot. Dans une chambre modeste, un jeune homme s’apprête. Il vient de Blérancourt, dans l’Aisne. Député à la Convention, c’est un inconnu qui a rimaillé un poème pornographique. Il a un héros : Robespierre. Son nom : Saint-Just. A son domicile parisien, rue Guénégaud, Madame Roland assemble ses amis : « Rolandistes », « Brissotins » ou « Girondins ».Et puis, tout autour d’eux, la foule des sans-culottes qui, avec les Marseillais et les bretons, a renversé, le 10 août, la monarchie. Ce sont Corbin, le tailleur, Cailleux le fabricant de rubans ou les sœurs Barbot, marchandes mercières.

Tous se rencontrent et partent à la découverte d’une Femme : la République. Une femme que l’on représentera à la fois guerrière et pacificatrice, impitoyable et bienfaitrice, adolescente et déjà génitrice. Elle nait le 22 septembre 1792. C’était il y a deux siècles. Ainsi, à travers la présentation d’hommes et de leurs débats, mêlant le récit vivant à l’érudition la plus scrupuleuse et la plus nouvelle, l’auteur brosse un tableau original et attrayant de l’an I de la République.

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L’An I de la République, de Jean-Paul Bertaud, Perrin, 1992, 169 pages, couv. ill. en coul., 23 cm, livre d’occasion 9 euros, disponible >> commander. Buridan, les fous d’histoire de la révolution française





Livre : « La victoire ou la mort! »: les derniers jours de Fort Alamo

Invité de Patrice Gélinet pour son émission « 2000 ans d’histoire », Farid Ameur revient sur une étape clé de l’indépendance du Texas.

Farid Ameur, jeune chercheur au Centre d’histoire nord-américaine, est l’auteur de « La victoire ou la mort! »: les derniers jours de Fort Alamo, paru dans la collection « Comme un roman » chez Larousse, 19,50 euros.

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La chute de Fort-Alamo est en effet à l’origine de la naissance de l’un des Etats les plus importants des Etats-Unis, le Texas, qui en 1836, au moment de la bataille était encore une province de la Fédération mexicaine.

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Occasion : La Tunisie de Bourguiba à Ben Ali

Le remplacement à la présidence de la République tunisienne, de Habib Bourguiba par Zeine-El-Abidine Ben Ali, opéré le 7 novembre 1987, intervint trente ans exactement après la proclamation de la République. La Tunisie de Bourguiba à ben Ali explique cet évènement et c’est aussi, pour Mohsen Toumi, une occasion de faire le point, après deux générations d’indépendance, sur l’évolution d’un pays considéré comme un « laboratoire » dans le monde arabe et en Afrique.

On ne trouve pas les origines du 7 novembre dans son antériorité immédiate. Il résulte de tout un processus historique de déliquescence de l’Etat et d’éclatement de la société, dans un environnement géopolitique difficile et dans un contexte économique et financier international préjudiciable aux pays en développement. De ce point de vue, l’initiative des hommes du 7 novembre prend valeur d’acte de Salut public.

Mais, il ne suffit pas d’accéder au pouvoir. D’abord il faut le conserver. Ensuite, i faut savoir quoi en faire et au profit de qui.

Mohsen Toumi, expert en développement auprès des Institutions internationales, est professeur d’Economie à Paris et a consacré plusieurs ouvrages à la Tunisie et au Maghreb.

La Tunisie de Bourguiba à ben Ali, de Mohsen Toumi, PUF, « Politique d’aujourd’hui », 1989, 317 pages, légèrement abîmé sur la couverture, mais bon état, vendu 18 euros.

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