Livre : L’économie de la Révolution française

Pourquoi l’histoire ne peut-elle pas être écrite par des économistes, c’est ce que nous rappelle la réédition de l’ouvrage de FA sur l’économie de la Révolution française.

Ce professeur d’économie monétaire et financière, défenseur d’un libéralisme à la Friedman, se sert de l’étude de l’économie française sous la Révolution pour démontrer les malheurs inhérents à l’interventionnisme de l’Etat dans le domaine monétaire.

Si l’ouvrage a le mérite d’aborder ces questions délicates, étayés de témoignages intéressants et précieux parce que difficiles à trouver, l’auteur se place néanmoins en dehors de toute autre conceptualisation historique de la Révolution : explique tout par l’économie et la médiocrité des politiques de cette époque.

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L’économie de la Révolution française par Florin Aftalion

Ed. Les belles lettres, 2007, 390 p., 27 euros. Buridan, Les Fous d’histoire de la Révolution

 


Le 12 février dernier, Florin Aftalion présentait lui-même son ouvrage pour le site www.unmondelibre.org

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Des Indiens à Paris !

Merci à Martial CODINA-DESLIN pour ce texte.

Quand on parle de Buffalo Bill, cela évoque pour la plupart d’entre nous avant tout l’image du célèbre chasseur qui gagna ce surnom en tuant plusieurs centaines de bisons pour le compte d’une compagnie de chemin de fer (afin de fournir en viande les ouvriers de la compagnie Kansas Pacific chargés de construire la ligne entre Abilene et Sheridan). Mais William Frederick Cody, de son vrai nom, est aussi associé au mythe du cow-boy (les hommes chargés de convoyer les troupeaux de bœufs d’un point à un autre sur un territoire), mythe qu’il a en fait contribué à populariser, et ça beaucoup moins de gens le savent. Tout comme le fait qu’il fut tour à tour : convoyeur pour la compagnie Russell, Majors & Waddell (alors qu’il n’a pas 11 ans !), croise les pas d’une autre légende américaine : James B. Hickock dit Wild Bill Hickock, et deviennent amis, chercheur d’or, trappeur, cavalier pour le Pony Express (le plus jeune de l’histoire de cette compagnie car il n’a alors que 13 ans), soldat du 7ème de cavalerie du Kansas au cours de la guerre de Sécession, éclaireur pour différents régiments, chasseur émérite de bisons, un temps même hôtelier, etc,… Il rencontre même au cours d’une partie de chasse organisée pour le grand-duc Alexis de Russie, fils du tsar Alexandre II, le légendaire général Custer qui fut tué quatre ans plus tard au cours de la bataille de Little Big Horn. Sa vie fascine tellement qu’un écrivain va populariser le personnage à la légende naissante à travers un livre intitulé « Buffalo Bill, le roi des hommes de la frontière » puis en faire un héros dont la vie est mise en scène au théâtre ! Il finit même par monter sur les planches pour jouer son propre rôle. C’est un véritable tournant dans sa vie. D’acteur professionnel, il devient alors au printemps 1882 le metteur en scène d’un spectacle d’un genre nouveau et de sa propre légende. En effet, il crée « une nouvelle forme de spectacle, le Wild West Show. Cette sorte de cirque en plein air présente une série de numéros à la gloire de la conquête de l’Ouest, où les parades de cavaliers alternent avec les attaques de diligence et autres chasses au bison. », spectacle qui a permis de faire connaître les cow-boys. En moins d’une décennie, il passe de la mise en scène d’un spectacle dans le cadre des célébrations de la fête nationale américaine à la mise au point d’une véritable « machine à représentations » pour laquelle on ne tarit pas d’éloges : « c’est le meilleur spectacle de plein air jamais vu… Buffalo Bill y est extraordinaire. Il monte à cheval comme s’il était né sur une selle. Il tire à merveille… et bat Barnum à son propre jeu. ». Un spectacle si bien rôdée sur le territoire nord américain qu’il décida de franchir l’océan atlantique et de venir « conquérir » un nouveau public, en se présentant dès 1887 à Londres pour les festivités du Jubilé de la reine Victoria. Satisfait du résultat, il réitère l’expérience deux ans plus tard, en 1889, mais pour une tournée européenne, et vient se produire en France et ce en marge d’une autre manifestation d’envergure : l’Exposition Universelle de Paris.

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Occasion : Etienne Dolet de Marc Chassaigne

Dolet garde l’auréole de « martyr de la Renaissance » que lui avait valu le titre de Copley -Christie, auréole qu’aucun de ses contemporains n’aurait songé à lui remettre selon Marc Chassaigne.

Son livre au contraire le présente comme un homme victime de la violence de son caractère, de son avidité et même de sa mauvaise foi. Au-delà de l’image de martyre de la libre pensée, Marc Chassaigne nous parle de son dédain du peuple, des ouvriers typographes comme des valets, tous ces gens plongés jusqu’au coup dans la crapule, son goût exclusif pour les questions de langue et de grammaire latines, puis sa volte-face, en 1540, et son apostolat pour la langue vulgaire.

Pou l’auteur, son désir de s’enrichir qui lui faire commettre les pires imprudences, celle d’envoyer à Paris les ballots de livres prohibés qu’il s’était engager à bruler.

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Etienne Dolet. Portraits et Documents inédits, de Marc Chassaigne, dans la collection Ames et visages d’autrefois, chez Albin Michel, 1930, 341 pages, livre d’occasion 39 euros 



Livre : De la religion en Amérique

lacorne.jpgPartant du lieu commun selon lequel il n’y aurait pas de séparation de l’Eglise et de l’Etat aux Etats-Unis, Denis Lacorne remonte jusqu’au Mayflower afin de déterminer les visions qui ont successivement prévalu sur cette question. Pour cela, il confronte les témoignages et perceptions d’ Américains et d’Européens. N’oubliant pas Tocqueville, il accorde cependant autant d’attention à des auteurs moins connus et parfois négligés.

Si l’image que nous avons actuellement de la religion en Amérique dérive surtout de l’évangélisme qui s’est développé au XIXème siècle, Denis Lacorne insiste sur le pluralisme religieux qui, pour les premiers colons, apparaissait comme une garantie de liberté. Des quakers tant vantés par les philosophes déistes des Lumières pour leur ouverture d’esprit aux puritains le plus sévère, l’éventail est large en effet. Mais au fur et à mesure que les flux migratoires se diversifient, l’idéal de diversité se fait moins prégnant et la méfiance s’instaure, plus particulièrement à l’égard des immigrés catholiques d’Irlande accusés de remettre en cause la république par leur allégeance à Rome.

C’est cette perception nativiste de l’histoire américaine qui serait encore aujourd’hui sous-tendue dans les thèses développées par Samuel Huntington.

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Occasion : Diplomatie d’Henri Kissinger

Ce livre d’une exceptionnelle puissance raconte l’histoire mondiale de la diplomatie, du XVIIe siècle à nos jours

Pourquoi le XVIIe siècle ? Parce que c’est à cette époque que Richelieu invente la diplomatie européenne, désormais fondée sur la raison d’Etat, la défense de l’intérêt national, la recherche de l’équilibre entre les puissances.

A cette tradition, les Etats-Unis, dès leur constitution, opposeront une autre façon de conduire les affaires étrangères, en affirmant la primauté des principes que l’intérêt, de la coopération sur la compétition, de la sécurité collective sur l’équilibre des forces.

Qui eut raison, qui eut tort ? Qui est dans le vrai aujourd’hui ? C’est le plus souvent à travers de brillants portraits (ceux de Napoléon III, de Bismarck, de De Gaulle, de Truman, de Reagan sont inoubliables) que se dit le sentiment profond du spécialiste. Et l’on se régalera de l’humour et de la vigueur qui donnent leurs couleurs à cette fresque aux tons vifs et contrastés.

Ancien professeur à Harvard, l’un des meilleurs analystes au monde des relations internationales, Henry Kissinger fut aussi un grand diplomate. Conseiller du président des Etats-Unis pour la sécurité nationale de 1969 à 1975, secrétaire d’Etat de 1973 à 1977, prix Nobel de la paix.


Pour en savoir plus sur Diplomatie de Henry Kissinger : le site de Culture et conflits

Diplomatie de Henri Kissinger, Fayard, 1996, 861 pages, livre d’occasion, vendu

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Sommaire :

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Vitrine Saint-Valentin

Pour la Saint-Valentin, le Fou d’histoire vous propose :


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Histoire de la conquête amoureuse de l’Antiquité à nos jours de Jean Claude Bologne, Seuil, l’Univers historique, 400 pages, 23 euros

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Philtres d’amour et sortilèges en Grèce ancienne de Christopher A. Faraone, Payot, 288 pages, 20 euros.

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Rome et l’amour. Des femmes, des jardins, de la sagesse de Pierre Grimal, Robert Laffont, 1056 pages, 30 euros

L’amour à Rome, de Pierre Grimal, Petite bibliothèque Payot, 408 pages, 10,40 euros.

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L’Elégie érotique romaine. L’amour, la poésie et l’Occident de Paul Veyne, Points Seuil, 320 pages, 7,95 euros

Les émotions dans l’histoire ancienne et moderne de Ramsay MacMullen, Les Belles lettres, 270 pages, 23 euros,

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L’amour au Moyen âge : la chair, le sexe et le sentiment, de Jean Verdon, Perrin, 274 pages, 20,50 euros,

Héloïse & Abélard : l’amour souverain, d’Annie Cazenave, Annie, Perrin, 187 pages, 16 euros ;

Héloïse : l’amour et le savoir de Guy Lobrichon, Gallimard, Bibliothèque des histoires, 384 pages, 21,50 euros

Voix de femmes au Moyen âge : savoir, mystique, poésie, amour, sorcellerie (XIIe-XVe siècle), présenté par Danielle Régnier-Bohler, Robert Laffont, 1056 pages, 30 euros

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Napoléon amoureux d’Alain Pigeard, Tallandier, 222 pages, 20 euros



Les nocturnes du musée de l’Armée

Hôtel des Invalides

A partir du 5 février 2008, le musée de l’Armée ouvrira ses portes en nocturne, chaque mardi jusqu’à 21h

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Dôme et cour d’honneur de l’Hôtel des Invalides – vue nocturne

Lors de ces nocturnes, l’entrée sera gratuite pour les moins de 26 ans; tous les autres visiteurs bénéficieront du tarif réduit

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Livre : Aux armes, historiens

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La Révolution française est à l’honneur en ce début 2008. Tandis que Le livre noir de la Révolution relance les polémiques du bicentenaire de 1989, Stock réédite des discours de Robespierre préfacés par le très convoité philosophe et psychanalyste Zlavoj Zizek. Dans le même temps, La Découverte publie sous le titre Aux armes, historiens. Deux siècles d’histoire de la Révolution française, trois conférences de Eric J. Hobsbawn, données en avril 1989, avec une nouvelle postface de l’auteur.

Dans la première d’entre elles, Hobsbawn s’attache à retracer la genèse de l’idée de « Révolution bourgeoise » qu’il place chez les penseurs libéraux de la Restauration avant même de l’attribuer à Marx. En cela, et dans le contexte de l’époque, Hobsbawn, engagé à gauche, cherche à se distinguer de la pensée « révisionniste » de François Furet.

Hobsbawn étudie ensuite les développements de la Révolution française à l’étranger. Passant bien vite sur l’Angleterre, qui n’en aurait retenu que la Terreur et l’aspect sanglant, il s’attarde sur l’Allemagne et sur la séduction un temps exercée par la Marseillaise sur les jacobins allemands puis sur les socio-démocrates, mais c’est dans la Russie soviétique que l’on trouve le plus d’admirateurs autoproclamés. Hobsbawn démontre ainsi comment la plupart des acteurs de la Révolution russe ont voulu s’identifier à l’un des grands révolutionnaires français.

Enfin, jugeant le bicentenaire à l’aune de ce que fut le centenaire de 1889 _ boudé par les ambassadeurs de nombre de pays et un peu éclipsé par la tour Eiffel _ Hobsbawn mesure les progrès réalisés dans l’étude de la Révolution. Si le centenaire était loin d’avoir fait l’unanimité, il s’inscrivait cependant dans une IIIème République ayant définitivement reconnu la Révolution française comme fondatrice et se réclamant de ses symboles. Dès lors, l’historiographie de la Révolution pouvait véritablement commencer.

Aux armes, historiens. Deux siècles d’histoire de la Révolution française, Eric J. HOBSBAWN, La Découverte, 2007, 14,50 euros.



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