La révolte brisée, de Jean-Clément Martin

martinrevolte.jpg

La révolte brisée. Femmes dans la Révolution française et l’Empire, Jean-Clément Martin, A. Colin, 2008, 272 pages, 22 cm, 24 euros

Des années 1770 aux environs de 1820, les femmes participent aux mouvements de réformes et de révolution qui bouleversent la France, avant d’en être exclues, voire victimes ; c’est cette histoire d’une révolte refusée que ce livre retrace.


Salonnières et amazones, harpies révolutionnaires et lécheuses de guillotines, merveilleuses ou fanatiques contre-révolutionnaires : les femmes sont présentes dès les premiers jours de la Révolution, tout en étant perçues comme une menace pour les mœurs et pour le pouvoir fraîchement acquis par les révolutionnaires. La guerre civile radicalisant les positions, elles contribuent aux violences ou elles les subissent. Tandis que les jeunes filles et les mères deviennent les idoles de la République, les militantes politiques sont brutalement marginalisées. Après la phase la plus sanglante de la Révolution, la liberté du corps est vite canalisée par l’instauration d’une société hiérarchisée exploitant sans scrupules le désir et la violence.


Pourtant la Révolution a recherché un idéal familial autour d’une égalité entre époux, comme entre frères et sœurs, avant que l’Empire ne rétablisse la primauté du mari et du père de famille. Car, contrairement à ce qui est souvent dit, la Révolution ne tue pas la famille, mais elle l’invente sur d’autres bases. L’histoire des rapports entre hommes et femmes pendant ce demi-siècle donne ainsi une autre lecture de la période. Entre histoire des mœurs et de la politique, entre histoire sociale et culturelle, ce livre offre une interprétation inédite, celle du « genre ».

Jean-Clément Martin
est professeur à l’Université Paris-1 Panthéon Sorbonne, directeur de l’Institut d’histoire de la Révolution française. Auteur d’une trentaine de livres, il a publié notamment : Violence et Révolution, Seuil, 2006.

Table des matières :

Introduction

1. Une société en quête d’elle-même : Le scandale des femmes manipulatrices. Trouble dans la mode. La mécanique des femmes. Les codes brouillés. Les mondes interlopes. Le succès de la pornographie. Le « pouvoir nocturne » des femmes. Amatrices et professionnels. Les limites de l’éducation. Les apories du couple. Les « vies fragiles ». Affaires privées, vie publique

2. Les limites de l’espérance : Portraits de femme en émeutières. Femmes mobilisées. Le corps politique. Citoyen / citoyenne ? Le contrat familial. La famille nationale Les innovations limitées. La révolte brimée. Paroles entravées. Interventions publiques. Manifestantes et militantes. Politique et religion. Femmes fantasmées, femmes victimes. Passages à l’acte.

3. La famille révolutionnaire : La loi et les soldates. Logiques opposées. Contre-révolutionnaires et soldats. Politique et pulsions. Militantes révolutionnaires. Vie et mort d’une société de femmes. Populisme et politique. Grandes criminelles. Coupables mais pas responsables ? Engagements individuels, mentalités collectives. Amitié et vertu. La maman et la déesse. Le père ami. La famille obligatoire. Les applications imprévues. Les limites du volontarisme. Confusions

4. L’empire des femmes ? Les impératrices. Entre fantasmes et réalités. La pornographie établie ? La revanche des femmes ? Réussites et dépendance. La « désolation rituelle de la débauche ». « Du malheur d’être femme ». La nouvelle querelle des femmes, Le sexe du sauvage. La fin des sans-jupons ? Un autre espace public ? La nation virile. « Sans l’hymen, point de mœurs publiques ».La fin des sentiments. La société codifiée. La famille impériale et laïque. L’œil du maître. Le fils du temps

Conclusion – Bibliographie sélective – Index

publiciteburidan.gif



Laisser un commentaire

tpe2008 ogm |
Etude et conservation des c... |
Les chats |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | connaître et protéger la na...
| sos animaux
| Les réactions soulevées par...