Jeanne d’Arc, de Colette Beaune

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Jeanne d’Arc, de Colette Beaune, Perrin, 2004, 475 pages, 24 cm, 23.50 euros

De loin, le meilleur ouvrage que j’ai pu lire sur la Pucelle d’Orléans. Au-delà même du personnage, c’est le diagnostic d’une société qu’entreprend Colette Beaune à travers le cas de Jeanne : l’histoire des mentalités, de la religion, des croyances, des femmes, etc.…

Jeanne d’Arc n’est pas très grande, ni très jolie, elle a des cheveux bruns, l’air solide, une tache rouge derrière l’oreille droite. D’un caractère trempé, elle se met parfois en colère et pleure quand elle veut. Jeanne se proclame chef de guerre pour bouter les Anglais hors de France. Elle rêve d’une nouvelle croisade afin de reconquérir Jérusalem et créer un monde nouveau. Ses voix, que le procès identifiera à celles de sainte Catherine, sainte Marguerite et saint Michel, la guident dans sa mission.

Ainsi peut-on décrire la petite villageoise de Domrémy née vers 1412, étonnant mélange de culture chrétienne et de rites populaires. Son destin a croisé celui du royaume plongé dans l’interminable guerre de Cent Ans. Le roi Charles VII lui-même la reconnaît comme une prophétesse qui incarne en 1429 toutes les attentes des Français. Elle devient un mythe vivant. Et pourtant, Jeanne passera son temps à brouiller les limites sociales – paysanne, elle fait carrière à la cour -, sexuelles- vêtue en homme, elle fait la guerre-, ou religieuses -elle prêche et crée des objets sacrés. Ce charisme féminin est la source d’un pouvoir qui finira par gêner. L’incompréhension sera d’ailleurs l’un des ressorts de son procès qui la conduit pour sorcellerie au bûcher en 1431.

Dans cette biographie passionnante et originale, Colette Beaune, déjà remarquée pour sa « Naissance de la nation France », a fait un travail magnifique d’érudition en retraçant les mentalités d’une époque qu’on croit révolue. Sa parfaite connaissance du monde médiéval offre un tableau saisissant de la vie de Jeanne, loin de l’icône politique et patriotique habituelle.

Colette Beaune est historienne, professeur d’histoire médiévale à l’université de Nanterre. Elle a publié Naissance de la nation France (Gallimard), Journal d’un bourgeois de Paris et Education et Culture, du début du XIIe siècle au milieu du XVe siècle (Sedes, 1999).

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La révolte brisée, de Jean-Clément Martin

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La révolte brisée. Femmes dans la Révolution française et l’Empire, Jean-Clément Martin, A. Colin, 2008, 272 pages, 22 cm, 24 euros

Des années 1770 aux environs de 1820, les femmes participent aux mouvements de réformes et de révolution qui bouleversent la France, avant d’en être exclues, voire victimes ; c’est cette histoire d’une révolte refusée que ce livre retrace.


Salonnières et amazones, harpies révolutionnaires et lécheuses de guillotines, merveilleuses ou fanatiques contre-révolutionnaires : les femmes sont présentes dès les premiers jours de la Révolution, tout en étant perçues comme une menace pour les mœurs et pour le pouvoir fraîchement acquis par les révolutionnaires. La guerre civile radicalisant les positions, elles contribuent aux violences ou elles les subissent. Tandis que les jeunes filles et les mères deviennent les idoles de la République, les militantes politiques sont brutalement marginalisées. Après la phase la plus sanglante de la Révolution, la liberté du corps est vite canalisée par l’instauration d’une société hiérarchisée exploitant sans scrupules le désir et la violence.


Pourtant la Révolution a recherché un idéal familial autour d’une égalité entre époux, comme entre frères et sœurs, avant que l’Empire ne rétablisse la primauté du mari et du père de famille. Car, contrairement à ce qui est souvent dit, la Révolution ne tue pas la famille, mais elle l’invente sur d’autres bases. L’histoire des rapports entre hommes et femmes pendant ce demi-siècle donne ainsi une autre lecture de la période. Entre histoire des mœurs et de la politique, entre histoire sociale et culturelle, ce livre offre une interprétation inédite, celle du « genre ».

Jean-Clément Martin
est professeur à l’Université Paris-1 Panthéon Sorbonne, directeur de l’Institut d’histoire de la Révolution française. Auteur d’une trentaine de livres, il a publié notamment : Violence et Révolution, Seuil, 2006.

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L’invention de la culture hétérosexuelle, par Louis-Georges Tin

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L’invention de la culture hétérosexuelle, de Louis-Georges Tin, Autrement, octobre 2008, 201 pages, 24 cm, 20 euros

Le monde qui nous entoure est tout entier obsédé par l’imaginaire du couple hétérosexuel. Les contes de l’enfance, les magazines des adultes, le cinéma et la télévision, la publicité et les chansons populaires, tout célèbre à l’envi le couple de l’homme et de la femme. C’est un empire invisible, la nature la plus « naturelle ».

Or, Louis-Georges Tin montre que les sociétés humaines n’ont pas toujours accordé au couple homme-femme cette place éminente dans les représentations culturelles. En Occident, cet état de fait n’a commencé qu’à partir du XIIe siècle, avec le développement de l’amour courtois ; et les groupes dominants, le clergé, la noblesse, puis le corps médical, n’ont cessé de développer des stratégies de résistance pour s’y opposer. Avant de devenir la norme, le couple homme-femme a donc été très longtemps contesté… En définitive, l’auteur nous invite à accomplir une véritable révolution : sortir l’hétérosexualité de l’ordre de la Nature » et la faire entrer dans l’ordre du Temps », c’est-à-dire dans l’Histoire.

Une histoire de l’hétérosexualité ! A côté de l’histoire des femmes et de l’histoire de la sexualité, Louis-Georges Tin propose ainsi à la recherche universitaire un champ nouveau…

Louis-Georges Tin a dirigé en 2003 le Dictionnaire de l’homophobie aux PUF. Il est le fondateur de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie. Il est aussi président du Centre des mémoires lesbiennes, gaies, bi et trans de Paris, et dirige la collection « Sexe en tous genres » chez Autrement.

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Envoûtante Mélusine, de Myriam White-Le Goff

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Envoûtante Mélusine, de Myriam White-Le Goff, klincksieck, « Les grandes figures du Moyen Âge », Septembre 2008, 234 pages, 21 cm, 18 euros

La littérature médiévale recèle une myriade de créatures fabuleuses dont Mélusine est l’une des plus touchantes. Qu’elle déploie sa nature féerique comme une énigme absolue ou qu’elle se révèle en femme amoureuse et fragile, qu’elle soit la puissante bâtisseuse de Lusignan ou la mère attentive de chevaliers aussi valeureux que monstrueux, Mélusine a le rayonnement du mythe et de la beauté pure. Dragonne et amante, sa quête d’une âme nous met aux prises, au cœur de l’Histoire, avec la matière de l’imaginaire et du rêve, entre violence et sacralité. Évoquer Mélusine permet aussi de s’intéresser à d’autres figures de fées amantes et mères.

Myriam White-Le Goff est maître de conférences en langue et littérature médiévales à l’université d’Artois. Elle s’intéresse particulièrement au merveilleux et aux rapports entre réel et imaginaire. Sa thèse, consacrée à la légende du purgatoire de saint Patrick, est publiée chez Champion.

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Actualité de Liesel Schiffer

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Liesel Schiffer, qui nous a fait le plaisir d’une petite visite à la librairie Buridan ce jour ne manque pas d’actualité en ce mois de mai.

Elle vient d’être invitée dans l’émission de Kriss Crumble sur France Inter :

« Après des études d’histoire à la Sorbonne, Liesel Schiffer rédige le catalogue de l’exposition Van Cleef et Arpels pour Galliéra, le musée de la mode et du costume. Elle intègre ensuite l’équipe de Pierre Marchand, chez Gallimard Jeunesse, qui lui confie notamment la direction du “Paris-Chic” dans le guide de Paris. Journaliste plusieurs années pour les magazines “20 ANS” et “Biba”, elle se passionne parallèlement pour l’histoire du génocide des Tutsis du Rwanda en 1994. Après une enquête sur place et en Afrique du Sud auprès de la diaspora rwandaise, Liesel Schiffer publie “le Piège ethnique” aux éditions Dagorno avec Benjamin Sehene. Elle a aussi travaillé avec Jean-Jacques Beineix au sein de sa maison de production Cargo Films et est l’auteur de deux beaux livres sur les accessoires de mode et l’histoire du livre. Elle a publié, chez Aubanel en 2007, “Ces immigrés qui ont fait la France” avec Dimitri Casali, et “Nos années bac” (Aubanel) pour le bicentenaire de l’examen crée par Napoléon. A part vous traduire ce que vous venez de lire, à savoir que Liesel Schiffer est hyper curieuse et franchement talentueuse, on peut aussi ajouter que c’est une personne naturellement gentille et que préparer cette émission avec cette journaliste fut un délice. »

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Femmes remarquables au XIXe siècle, de Liesel Schiffer, Vuibert, Instants d’Histoire, 26 mai 2008, 19 euros

Nos années Bac : 200 Ans déjà ! de Liesel Schiffer, Aubanel, 22 mai 2008, 29 euros

Ces immigrés qui ont fait la France, de Dimitri Casali et Liesel Schiffer, Aubanel, 2007, 35 euros

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Vitrine Saint-Valentin

Pour la Saint-Valentin, le Fou d’histoire vous propose :


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Histoire de la conquête amoureuse de l’Antiquité à nos jours de Jean Claude Bologne, Seuil, l’Univers historique, 400 pages, 23 euros

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Philtres d’amour et sortilèges en Grèce ancienne de Christopher A. Faraone, Payot, 288 pages, 20 euros.

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Rome et l’amour. Des femmes, des jardins, de la sagesse de Pierre Grimal, Robert Laffont, 1056 pages, 30 euros

L’amour à Rome, de Pierre Grimal, Petite bibliothèque Payot, 408 pages, 10,40 euros.

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L’Elégie érotique romaine. L’amour, la poésie et l’Occident de Paul Veyne, Points Seuil, 320 pages, 7,95 euros

Les émotions dans l’histoire ancienne et moderne de Ramsay MacMullen, Les Belles lettres, 270 pages, 23 euros,

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L’amour au Moyen âge : la chair, le sexe et le sentiment, de Jean Verdon, Perrin, 274 pages, 20,50 euros,

Héloïse & Abélard : l’amour souverain, d’Annie Cazenave, Annie, Perrin, 187 pages, 16 euros ;

Héloïse : l’amour et le savoir de Guy Lobrichon, Gallimard, Bibliothèque des histoires, 384 pages, 21,50 euros

Voix de femmes au Moyen âge : savoir, mystique, poésie, amour, sorcellerie (XIIe-XVe siècle), présenté par Danielle Régnier-Bohler, Robert Laffont, 1056 pages, 30 euros

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Napoléon amoureux d’Alain Pigeard, Tallandier, 222 pages, 20 euros





Emilie du Châtelet

emiliechateletcomplet.jpgFrance 3 diffuse le 29 décembre le téléfilm Divine Emilie consacrée à la marquise du Châtelet, éminente femme de sciences que l’histoire retenait surtout pour sa longue relation avec Voltaire. Fort heureusement, il y a une vingtaine d’années, Elisabeth Badinter a remis sur le devant de la scène cette figure importante du XVIIIème siècle. C’est à elle qu’on a judicieusement confié le scénario du téléfilm.

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