Propagandes et persécutions. La Résistance et le «problème juif»

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Propagandes et persécutions. La Résistance et le «problème juif», de
Renée Poznanski, Fayard, mai 2008, 785 pages, 24 cm, 34 euros
Buridan le Fou d’Histoire librairie spécialisée en histoire livres d’histoire

Les dits – et les non-dits – de la propagande développée par la Résistance nous mènent au plus profond de l’imaginaire social de la France de l’Occupation. Dans la guerre du verbe entre les Français de Londres – émissions de la BBC renforcées par la presse clandestine – et la voix officielle de Vichy, l’enjeu était de séduire une opinion qui au début avait soutenu Pétain avec ferveur.

Quant aux Juifs, ils ont subi presque tout de suite les effets d’une double persécution, l’une pilotée par Vichy, l’autre imposée par les Allemands. A la marginalisation à laquelle les procédures d’exclusion les acculèrent se superposèrent bientôt, pour beaucoup, l’internement puis la déportation vers un inconnu terrifiant. Des explications circonstanciées en même temps qu’un tapage haineux précédèrent et accompagnèrent chacune des étapes de leur calvaire. En face, la propagande de la Résistance a parfois mené et souvent esquivé la bataille sur ce front dans une guerre des mots.

Aucune étude d’ampleur ne s’était encore penchée attentivement sur la façon dont la Résistance s’est exprimée sur les persécutions antisémites en France et / ou sur le sort des Juifs déportés à l’Est. Comparer les publications des organisations juives, les émissions de Londres et la presse des mouvements montre que l’ignorance invoquée (a posteriori) sur le sort promis aux Juifs n’explique rien ; c’est dans les priorités des uns ou des autres que se trouve la clé des thèmes avancés, des expressions ambiguës ou des silences obstinés. Pour la première fois est examiné ici – force citations à l’appui – ce qui a contribué à en fixer l’échelle dans les médias de l’époque – collaborateurs ou résistants, autorisés, tolérés ou clandestins, radiophoniques ou écrits. Ces choix de propagande, mis en regard des études d’opinion circulant dans les milieux résistants, jettent une lumière crue sur la place qu’occupa « le Juif » dans l’imaginaire de la société française, comme dans l’esprit des élites en lutte contre l’occupation nazie.

En cela, ce livre apporte aussi une contribution majeure à l’histoire de l’antisémitisme et à celle de la Résistance.

Professeur de science politique à l’université Ben Gourion à Beer Sheva (Israël) où elle est titulaire de la chaire Yaacov and Poria Avnon d’étude de l’Holocauste, Renée Poznanski a édité le Journal de Jacques Biélinky (1992) et est l’auteur des Juifs en France pendant la Seconde Guerre mondiale (Pluriel, 2005).

Table :

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Film / Roman : Moi qui ai servi le roi d’angleterre

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Hrabal Bohumil, Moi qui ai servi le roi d’Angleterre,

Pavillon-poche, Robert Laffont, avril 2008, 286 pages, 7.90 euros

Ce mercredi sort un film de Jiri Menzel cinéaste tchèque surtout connu depuis la veille du printemps de Prague. Il a adapté un très grand roman d’un de ses compatriotes, Hrabal Bohumil, Moi qui ai servi le roi d’Angleterre, disponible dans la collection Pavillon, chez Robert Laffont.

Il s’agit d’un livre étrange à l’humour grinçant, une sorte de métaphore de l’histoire de la Tchécoslovaquie au XXe siècle : la montée de l’hitlérisme, l’imminence de la guerre, l’occupation allemande, le régime stalinien… vu à travers le destin d’un « petit » serveur de café qui rêve et va devenir millionnaire, mais à quel prix ?

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Expo : Les Parisiens sous l’Occupation

Photographies D’André Zucca

Du 20 mars au 1er juillet

Bibliothèque historique de la Ville de Paris
Salle d’exposition 22, rue Malher Paris 4e

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Catalogue de l’exposition,

Les Parisiens sous l’Occupation : Photographies en couleurs d’André Zucca, de Jean Baronnet. Préface de Jean-Pierre Azéma, Gallimard, 176 pages, beau livre, 35 euros

 

L’album est précédé d’une préface de Jean-Pierre Azéma, historien de la Seconde guerre mondiale, qui replace ces photographies dans leur cadre, celui de l’Occupation allemande.

 

Pour gagner les élites, Paris devait devenir la vitrine de l’ « Europe nouvelle ». Joseph Goebbels donna ordre de relancer « à tout prix » l’activité de la ville pour lui rendre animation et gaité. ‘est dans cette optique qu’André Zucca, cet « individualiste forcené », est embauché par le magasine de propagande Signal, publié dans 21 pays par les éditions Deutscher Verlag. Il s’agissait d’exposer des photographies montrant  le Paris où il faisait toujours bon vivre. On le voit bien dans l’esprit cartes postales touristiques de l’album.

 

Cela valu à Zucca d’obtenir carte de presse et accréditation auprès de Propaganda Staffel, ainsi que ces fameuses pellicules Agfacolor quasi introuvables qu’il fut le seul Français à utiliser à cette période.

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